BIENVENUE SUR LE BLOG DE PAPA GATO

13 mai 2013

El salon de la Agricultura

Depuis le début de cette San Isidro, c'est à qui aura les plus belles cornes, les plus longues, les plus en pointes. Et les preneurs d'images de Canal+ de se régaler de gros plans boisés et terrifiques!
Ce n'est pas tout. Faut voir les châssis! Du corpulent, du charpenté, du cossu. Des toros, first qualité! 
C'est pas compliqué, on se croirait au salon de l'Agriculture; il ne manque plus que Chirac pour leur claquer le cul!
Sauf que le moteur, que dale! Même pas de la Deux chevaux, du Solex tout juste, et encore dans les côtes! Pas de jus, pas de peps. La tête à hauteur d'horizon, trop crevant de la baisser. Eau de vaisselle et sang de navet.
Et les madrilènes qui roupillent, anesthésiés de fadeur, et pour passer le temps se comptent entre eux comme on compte les moutons.
Les gentils toreros font le possible, ce qui n'est pas grand-chose.
Manolo Moles, qui pense à l'audimat, nous annonce deux semaines de gros cartels, qui vont te relever tout ça, vite fait bien fait. Et Caballero l'écoute sans sourciller, avec l'air de se dire qu'il reste encore trois semaines à s'emmerder.
Et de conclure que les toros c'est comme les melons et qu'il va bien finir par en sortir un bon. Et d'ajouter que les kilos c'est pas tout mais la pêche c'est mieux. Des melons à la pêche, en somme, voilà ce qu'il nous faudrait. Le salon de l'agriculture, quoi!
Demain, on a je ne sais qui devant je ne sais quoi. On verra bien. Sûr qu'on verra de grandes et belles cornes à faire pleurer les œnuques, pour le reste...
Allez, on garde le moral; si on en croit l'affiche de Céret, on pourra toujours se faire une daube.



Art cru.

J'aime plutôt beaucoup l'art contemporain.
Et j'aime plutôt bien Miquel Barcelo, l'artiste catalan. 


Dans l'affiche cérétanne qu'il vient de créer, on peut lire plusieurs sens, comme il est habituel et plaisant dans les réalisations artistiques d'aujourd'hui. Certains y verront une chaquetilla stylisée rose et or, d'autres une tête de taureau primitive ou un lambeau de caparaçon...
Pour ma part, j'y reconnais un morceau de barbaque, vu en plongée, sur l'étal d'un boucher invisible. Et, du coup, je lis "Céret de toros" comme on lirait "Côte de bœuf". Il n'y manque que le prix au kilo sur petite pancarte piquée entre deux côtes.
Étonnant de la part d'une aficion dont le toro est l'idôle. Mais, après tout, les chrétiens mangent bien le corps de leur dieu.
Doutons que les antis apprécient. Mais - faut-il le rappeler? - nous ne sommes pas là pour leur plaire. 

12 mai 2013

Rangez les pipeaux!

À Las Ventas, Les Escolar ont déçu. 
Robleño fidèle à lui-même et Aguilar en ascension. 
Rafaelillo moins convaincant.
La nuit tombe sur Madrid.


Sur Céret aussi.

Envoyez la sardane !

Cet après-midi à Madrid 
Rafaelillo, Robleño et Alberto Aguilar affrontent 6 Jose Escolar.

On se croirait à Ceret.


11 mai 2013

Madrid sera toujours Madrid!

J'adore regarder la retransmission en direct des corridas de la San Isidro sur Canal+.
 La demi-heure qui précède le paseo 
et le résumé final de la caméra superlenta 
sont de vrais régals. 

Entre les deux, rien à signaler.


1 mai 2013

Patience.

"Quand il y a deux minutes de vraie tauromachie dans une corrida, on peut s'estimer heureux". Bien d'accord avec cette affirmation de mon voisin de palier.
Des passes les toreros en donnent, des charges les toros en ont, des olés le public en crie, des oreilles les présidents en distribuent... mais des passes guidées serré, rythmées profond et achevées et des toros allègres et mobiles,  mettant la tête et combatifs, répétant et résistants, c'est plutôt rare. 
Et parfois cela ne dure pas longtemps: trois passes, quatre ou cinq charges et le miracle prend fin. Il faut supporter beaucoup de passes en passant et de charges déchargées pour quelques secondes de profonde beauté.
Et, au final, seuls ces instants nous restent. La tauromachie est l'art du pointillé, de la pincée et du fugace. De la fulgurance. Malheur à ceux qui en veulent pour leur argent. Les amateurs du copieux et du nombreux. Ils en seront pour leur frais.
En des temps où il nous faut tout, tout le temps, la tauromachie, aux portions congrues, impatiente. Savoir attendre... pratiquer le regard flottant... et parfois se laisser surprendre et enflammer.

  


29 avril 2013

Afeitado

Ce sont les billets de banques qui liment 
le bout des cornes des toros. 
Les toreros ne se livrent pas à cette pratique frauduleuse 
par lâcheté ou couardise. 
Mais par cupidité. 
Ce qui, dans le fond, est pire...


28 avril 2013

Les toreros s'ennuient le dimanche.

La valeur top d'un être humain est sa propre vie. Risquer la perdre génère angoisse et dépression. Les toreros pourtant, très volontairement et avec plaisir, la mettent en danger. Sont-ils suicidaires? Non, puisqu'ils craignent de mourir dans l'arène et éloignent l'ombre de la faucheuse par force rituels plus ou moins superstitieux. Masochisme? Goût du risque? Désir de dépassement? Ouais... peut-être...pas convaincu.
Je crois que les toreros bravent la mort par ennui. Brel s'est trompé; ce ne sont pas les toros qui s'ennuient le dimanche, mais les toreros. 


Et pas seulement le dimanche. Le goût de vivre n'est pas donné à tout le monde. Certains ont besoin de circonstances limites pour se sentir exister.
Ne les plaignons pas. Le moment où ils frôlent les cornes, si dangereux soit-il, est celui de leur naissance à la vie. 

23 avril 2013

Pom po po pom...


Ras le bonnet de nuit de cette aficion française
qui lave plus blanc que bleu blanc rouge. 
Alors, avant d'aller dormir, une petite question
comme un peu de poil à gratter le consensus : 

Et si les figuras n'étaient pas figuras pour rien.
Et s'ils étaient les meilleurs ?

Sur ce, bonne nuit, les petits! 
Pom po po pom po po pom pom pom!


14 avril 2013

Silence !

Rigolade matinale! 
Sur les blogs, les compte-rendus du solo de Manzanares fleurissent...
Neuf fois sur dix leurs auteurs n'ont pas assisté à l'évènement qui n'était même pas retransmis à la télévision! 
Et les analyses ne manquent pas de tranchant! Et chacun d'y aller de sa condamnation et de trouver dans la (contre) performance du torero la confirmation de ses propres théories! 
Bonjour la désinformation! Une sorte d'afeitado de la réalité pour assurer la sécurité de sa façon de penser...

Ce que je sais:
  • Pour avoir assisté à plusieurs ferias d'avril, qu'il n'est pas si facile de couper deux oreilles à Séville et que c'est faire insulte à la capitale andalouse que de le laisser penser.
  • Que le public de Séville est aussi chauvin que le public madrilène pour les toreros locaux et que le fils Manzanares n'est pas dans ce cas-là.
  • Que les sévillans affectionnent une forme de tauromachie dite "artistique" pour faire bref, avec une sensibilité et une intensité de ressentir qui n'appartiennent qu'à eux. Il me parait évident que nous avons beaucoup - mais, alors-là, beaucoup et même de plus en plus! - à apprendre d'eux.
  • Que cette fameuse cote d'amour dont bénéficie l'alicantino l'a amené hier à s'agenouiller devant le toril pour recevoir son dernier toro (!). Revenons sur les faits (source: Radio Andalucia en direct). Le dernier toro d'un après-midi avorté va sortir. Le public applaudit alors Manzanares, pour l'encourager, lui dire qu'on l'attend et qu'on l'aime. Les applaudissements évoluent en palmas de bulerias. Le torero va répondre et faire un acte qu'il n'avait pas prémédité, disent les commentateurs: il part se mettre en puerta gayola, ce qui n'est pas précisément conforme à sa tauromachie. Drôle de "complaisance" amoureuse qui conduit le torero à se risquer davantage...
  • Qu'une corrida est un spectacle vivant qui se joue en direct et en réel devant nous - comme le théâtre, l'opéra, la danse ou le cirque - et qu'il demande d'être présent, là et maintenant. Sinon l'emploi préventif de quelques formules - du type: "On dit que...", "Machin rapporte que...", "Il paraît que..."- s'impose. Le commentaire radio reste hautement incertain du point de vue de l'objectivité, quand à la télé, elle cache plus qu'elle ne montre.
  •  Et donc par moment: 

le silence est d'or.