BIENVENUE SUR LE BLOG DE PAPA GATO

10 novembre 2012

Alors, on se bouge?

Novembre, le mois le moins taurin de l'année. 
Dans la désillusion de l'été déjà bien fini et encore loin de l'hiver et de ses manques. 
Le bâche, au désir atone, et cette pluie qui n'en finit pas de détremper la piste. Temps d'annulation, de jours sans, de fête ratée. 
Coeur de l'automne.


Envie de voyage, d'aller voir comment vivent les humains, ailleurs, étrangers et proches, contemporains. 
Ça tombe bien, je pars vendredi. Jusqu'à la fin de ce mois de grisaille.
On se retrouve dans le froid vivifiant de décembre.



2 novembre 2012

Un temps de Maya.

San Fernando, Cadiz, Sanlucar, Jerez, El Puerto, la marisma, les flamencos et le flamenco, los toros y El Toro... Le berceau, la source, le jaillissement premier de la culture andalouse.
Me voilà au centre du monde taurin en cette mi-octobre où je suis venu voir du théâtre au milieu de ces paysages uniques.  
Devant moi la baie, derrière l'océan, et au-dessus... la pluie, la flotte, le déluge! L'Andalousie dégouline, patauge, déborde et inonde... le rez-de-chaussée de l'hôtel Bahia Sur. Et quand la marisma se répand, ça fleure la vase, l'égout, en un mot la mierda. Enlisé le parfum de jasmin et buenos dias les effluves douteuses qui ne sont pas sans évoquer le mundillo senteur G10.
Décidément la crise qui frappe dur la péninsule fait son nid partout, jusque dans les marais mythiques et protégés du delta du Guadalquivir.
On m'affirme que je n'ai pas de chance, qu'à Cadiz il ne pleut que cinq jours par an, et que c'est justement cette semaine où je suis là, moi, en blouson estival, sans parapluie, en chemisette et sans imper, qu'il tombe des hallebardes, qu'il pleut à seaux, comme à Gravelotte, à ne pas mettre un caracol dehors.
Sous un parapluie noir comme le ciel, acheté à la hâte à un gitan délavé, je suis planté devant ce qui trois jours plus tôt alimentait mon rêve d'aficionado et la jalousie de mes collègues sédentaires. J'éternue. Des images désastreuses me viennent:  la muleta détrempée de Paco Ojeda, Camaron aphone, les corridas du Puerto annulées jusqu'à la fin des temps, la noyade de tous les élevages du coin, l'exode des populations andalouses en barques et la disparition définitive de la corrida sinistrée. Je tire radicalement la gueule et je trouve grotesque, inconséquente et déplacée cette planète où l'eau permet la vie, et sur la terre de laquelle je suis en train de détremper mes sandales d'été. 
Trois jours de déluge plus tard, lorsque mon avion de retour fut empêché d'atterrir à Fontarrabie pour cause de bourrasques, j'ai commencé à croire à la prédiction Maya de la fin du monde prochaine... 
J'écris aujourd'hui ces lignes, le premier novembre, alors que la pluie redouble sur le Pays Basque et que Sandie vient de dévaster New-York...
J'ai décidé de me lancer, dès demain, dans la construction d'un bateau. En bossant bien, il sera terminé le 21 décembre...




21 octobre 2012

L'intelligence est émotion

L'émission Signes du Toro, ce dimanche 21 octobre, consacrée au récent solo nîmois de Jose Tomas, est une belle et grande réussite.
Heureusement guidée par la profonde réflexion de Denis Podalydès, elle restitue sans tenter de la recopier, l'émotion unique de ce moment hors du commun.
L'analyse fine menée par l'acteur de ces instants éblouissants et surtout de la présence si rare du torero est un pur régal d'intelligence sensible.
Qui me fait d'autant plus regretter d'avoir eu la bêtise de ne pas assister à l'évènement.




Pourquoi ne pas réaliser maintenant un film plus long, 
qui développe ce dialogue superbement ébauché
entre Denis Podalydès et Jose Tomas,
le premier parlant du second toréant ?

20 octobre 2012

Quand la vie devient destin.


Hier soir, au théâtre, j'ai assisté à une représentation d'une pièce de l'auteure contemporaine mexicaine, Ximena Escalante, intitulée: Phèdre et autres grecques.
Un très beau texte dont voici quelques lignes tirées d'un dialogue entre Phèdre enfant et le devin aveugle Tiresias
TIRÉSIAS — Sais-tu ce quʼest le destin ?      
PHÈDRE  — Oui, cʼest quand il tʼarrive des choses. 
TIRÉSIAS — Il tʼarrive des choses que tu ne peux pas éviter. Elles arrivent. Irrémédiablement. Tu les vois venir, tu veux te sauver, tʼéchapper mais tu as beau essayer, elles arrivent, elles te suivent comme ton ombre. Le destin te poursuit. Tu veux aller plus vite que lui, tu cours de toutes tes forces, tu crois lʼavoir semé, tu tournes le coin dʼune rue, certaine quʼil a perdu ta trace et tu lui rentres dedans: il a gagné. 
Vision de la vie que l'on pourrait qualifier de taurine, une des forces essentielles de la corrida résidant dans cette capacité, venue du fond des âges, à transformer les vies en destins.
Rituel éminemment tragique et mythologique qui ne relève pas d'une étroite tradition locale (fut-elle ininterrompue) mais qui accompagne l'interrogation que posent les hommes sur leur propre existence.

Minotaure aveugle guidé par une fillette dans la nuit. Picasso.



17 octobre 2012

Multiples






 Pour ceux qui se sont émus, en regardant l'article précédent, de ce qu'ils ont pris pour un racisme anti-vieux, voici trois nouveaux clichés, pris sensiblement à la même époque, qui restituent à nos stars leur capital de beauté et de sympathie.
Ce qui était cauchemardesque dans les précédentes photos ne tenait pas à l'usure du temps, mais à la présence d'une agressivité méchante, celle-là même qui leur fait parfois préférer leurs toutous aux humains, quand ils portent le nom d'aficionados.