Voilà que Castella se déclare favorable à la corrida sans mise à mort sous prétexte que, selon lui, dans le toreo moderne, l'estocade n'est plus essentielle et qu'il éprouve du chagrin à tuer les toros.
Notre compatriote semble oublier que la corrida repose sur un socle de sacré qui fonde son identité. Il ne s'agit ni d'un sport, ni d'un art, mais d'un rituel qui puise ses racines dans le sacrifice ancestral du taureau par les hommes. Supprimer la mise à mort du toro équivaut à supprimer la corrida et à la transformer en un jeu taurin. Ce qui n'aurait rien à voir.
Sébastien a perdu une bonne occasion de se taire à moins qu'il n'en soit venu à considérer la tauromachie comme un sport dangereux à expression artistique... et à haute valeur lucrative. Auquel cas, il n'aurait plus grand-chose à faire dans une arène.
À moins que les valeurs qu'il prêche ne soient désormais partagées par le mundillo mercantile. Auquel cas, c'est nous qui n'aurions plus grand-chose à faire dans une arène.
Avant d'en arriver là, nous vendrons cher notre peau d'aficionados pour défendre une tauromachie qui sache conserver, contre le règne du profit et de la société du spectacle, sa dimension essentielle.
Un conseil: lire ou relire "Le miroir de la tauromachie" de Michel Leiris.


