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20 juin 2011

Épilogue

"35 à 40.000 personnes, selon la police, ont afflué aux abords du Parlement espagnol, à Madrid. Une marche géante, "contre le chômage et le capital", selon la pancarte qui ouvrait l’un des six cortèges. Un peu plus tard, ce sont quelque 50.000 personnes qui se sont rassemblées à Barcelone. D’autres manifestations étaient prévues à Séville et Valence notamment. Des Espagnols de tous âges et de tous horizons, personnes âgées, familles avec poussettes, jeunes, chômeurs, tous venus dire leur colère." (19 juin. Source France-Infos)
La crise frappe l'Espagne de plein fouet. Mouvement national et radical des "indignés", manifestations répétées et infatigables, revendications opiniâtres et têtues, se succèdent et rythment un quotidien de plus en plus insupportable.
À côté de cela, Jose Tomas revient dans les arènes et incarne ce que la tauromachie porte aujourd'hui de plus admirable et de plus vil à la fois. D'un côté un art indiscutablement incomparable et, de l'autre, une gestion commerciale de sa carrière, guidée par la recherche du profit maximum, qui l'amène à encaisser des cachets exorbitants. 
Bien sûr, il serait stupide de le rendre à lui seul responsable d'un système qui repose sur une organisation mercantile du marché taurin dans son ensemble. Mais son entourage et lui-même gèrent avec tant de stratégie et de cynisme sa carrière - n'hésitant pas à faire monter les enchères et le prix du sang - qu'il est devenu aussi le symbole de la tauromachie de l'argent. 
Et voici notre J.T. écartelé entre la hauteur de son art et la bassesse de ses intrigues sonnantes et trébuchantes. Entre pureté et cupidité.
Ma décision est prise. Le feuilleton "Ira? Ira pas?" trouve ici son épilogue: je n'irai pas voir José Tomas.
Parce que je crains la cornada annoncée et parce que je trouve quelque indignité à conforter, même (et surtout) symboliquement, une gestion si injuste et si malade de nos vies en commun.