BIENVENUE SUR LE BLOG DE PAPA GATO

17 octobre 2012

Multiples






 Pour ceux qui se sont émus, en regardant l'article précédent, de ce qu'ils ont pris pour un racisme anti-vieux, voici trois nouveaux clichés, pris sensiblement à la même époque, qui restituent à nos stars leur capital de beauté et de sympathie.
Ce qui était cauchemardesque dans les précédentes photos ne tenait pas à l'usure du temps, mais à la présence d'une agressivité méchante, celle-là même qui leur fait parfois préférer leurs toutous aux humains, quand ils portent le nom d'aficionados. 



15 octobre 2012

Cauchemar.






Mythologie rêvée.





"Minotaure jouant"
de Annick Longuet


Las moschinas


Vues les pitoyables performances des toreros du G10, 
nous vous proposons un nouveau G9 made in Italie



autrement plus attrayant.


Dans l'automne madrilène le temps n'était pas à la fête.


Madrid, samedi 06/10/2012
Corrida de feria de otoño.


Pastel
et pas tel…




Seuls les revendeurs, affolés et rubiconds, s’affolant et affolant le retardataire jusqu’à la taquill n’étaient pas dans la note pastel que le soleil de fin de temporada nous offrait.
Pastel, Sergio Aguilar, tout au long de ses faenas, éclairées de rares raies vives. Pastel et pas tel qu’on l’espérait, David Mora, qui parait ne savoir se servir que de sa cape et donne l’impression d’ignorer les terrains. Le public lui rafraichit la mémoire, et lui rappelle qu’être ailleurs n’appartient qu’à José Tomas. Pastel, Ivan Fandiño, dont seule la couleur illumine des faenas, bien léchées, où il ne manque rien, hormis le désir.
Le vif était dans les toros de Valdefresnos et le troisième de Fraile Mozas. Le vif était dans la cornamenta des bichos, qui devrait permettre à nos revisteros du Sud-Ouest d’éviter de se poser des questions sur la présentation de la plupart des toros lidiés dans nos plazas ; le sexe des anges ne leur serait plus mystérieux. Le vif de la caste était tempéré par le « juste de force », la faiblesse constitutionnelles de ces magnifiques estampes.
Le public de la Monumental a démontré, une fois de plus, sa fonction de « veedor » de la fiesta, celui qui voit, signale et pointe, les comportements déviants des hommes à pied et à cheval, leurs errances dans des terrains improbables et les déficiences des toros. Une monumental gardienne de l’éthique de la corrida, seul rempart contre l’amoralisme dont on l’accuse.
Quelques puros que quelques-uns osent fumer…presque en cachette.


Madrid, dimanche 05/10/2012,
finale du concours de écoles taurines
communauté de Madrid.


Des clones et des clowns, 
ou une « non piquée » comme il faut…




Ganaderia d’El Carreton, pardon de Jandilla, d’une homogénéité évoquant Huxley et son «meilleur des mondes», tous gachos, playeros, propres sur eux jusqu’à la fadeur. Des toros qui ne «servent» pas assez leur (contre) maître et osent vomir le sang de leur bajonazo sur les zapatillas et le traje immaculé de leur matamor de matador.
Un public qui s’habitue ou se résigne, allant jusqu’à réclamer le changement du seul manso qui ne pouvait «servir» les «toreritos» ou plutôt les toreros en devenir, qui méritent quoiqu’il soit notre respect pour se mettre devant.
Bref des erales « comme il faut » pour des hommes « comme il faut », funèbrement formatés pour l’enterrement de la corrida et l’avènement d’une tauromachie « sans histoire». Des toros sur des rails, des toreros sur une autre voie, parallèle, aucun risque de rencontre, ni d’histoire commune, rien pour la passion, tout pour le raisonnable. 
Les toreros, dont deux de la Fondacion d’El Juli, paraissaient clonés, seul leur costume les distinguait. Une passe citée de face et la suite, en rond, fuera de cacho, avec le pico, mais liée, répétée jusqu’à l’ennui et conclue d’une épée au hasard des terrains. Toreros sans recours, malgré les cours. Très souvent la montera était au centre, le toro aux planches et le torero quelque part.
Nous n’étions pas au Tendido Siete mais sur le quai n°7 de la Estacion Monumental.
Matinée éclairante et éclairant d’un soleil radieux - au moins quelque chose souriait - la tauromachie d’aujourd’hui, que les marchands veulent pour demain… si nous continuons à acheter et à nous vendre?
Ne dites pas à ma mère que j’étais à un enterrement, elle me croyait à la fête de l’automne.

Madrid, dimanche 07/10/2012
corrida de feria de otoño.


Des hommes normaux 
dans l’anormalité.




Corrida de « las y de los dos ». De las dos horas de peur et d’émotion, de los dos pitones terrorificos des toros de Palha, en particulier le cinquième, irréel de cornamenta, de las dos pares de banderilles que le peon, David Adalid, a posé dans des terrains impossibles, devant ce toro impossible, faisant lever et rester debout 20 000 incrédules, de los « dos huevos » que tenian cada torero.Fernando Robleño omni-présent dans sa lidia et celle de jefe, Javier Castaño déshabillé et gracié par son premier adversaire, revenant faire le métier avec une humilité tranquille et un pundonor intemporel, Alberto Aguilar, liliputien applaudi avant de donner le toque, tant son placement était vrai, sincère.
Bref des toreros normaux, vecteurs de valeurs intemporelles, nous disant que si certains maestros ont un coût, d’autres n’ont pas de prix.


Alain Chaperon, Caperuza.



7 octobre 2012

Coup de griffe!

Réjouissons-nous de la décision du Conseil constitutionnel. La tauromachie est légale dans les villes de tradition taurine ininterrompue etc, etc....
Réjouissons-nous, oui. 
Mais modérément.
Les attaques répétées des animalistes ne sont que le reflet d'une remise en question de la corrida plus profonde et sûrement durable.
Car le rituel taurin s'étiole sous le soleil noir de notre goût immodéré de la consommation: trop de courses, trop de retransmissions télé, trop d'infos, trop de forums, trop d'avis, de bruit avec la bouche, de conseils sans solde. Dans ce monde saturé, un évènement chasse l'autre. Et on ne sait plus ni tirer de leçons ne serait-ce qu'à moyen terme, ni même reconnaître un véritable évènement.
Alors que les effets du solo de J. Tomas s'estompent déjà, nous voilà aussi sec revenus au train-train des spectacles écrits d'avance, des sempiternels Valdefresno madrilènes, du désert novilleril, des louanges téléguidées de Mundotoro, des vains bavardages du mundillo et des résistances incertaines d'une aficion automnale même en plein été. 
Oui, nous sommes bien les pitoyables enfants de la consommation cleenex. 

Marre, marre, marre! 
Trois fois marre 
et merde en plus 
pour faire bonne mesure!


18 septembre 2012

Quand les masques tombent



Il y a des moments où il faut savoir avoir tort. Ceux qui avaient prédit (souhaité?) un fiasco au solo nîmois de J.T se sont trompés. Non, les toros ne furent pas d'une complaisance écoeurante, non, leur présentation ne fut pas scandaleuse. Oui, Casas a réussi son coup en offrant un spectacle unique à 14000 personnes (pour ce qui est de se remplir les poches c'était déjà fait). Oui, ce fut un moment historique, un sommet. Oui, nous sommes des nazes d'avoir raté ça. 
Point barre.





Manolete, Belmonte, Cordobes et maintenant Jose Tomas ont tous essuyé les mêmes critiques de l'aficion pure et dure: petits toros arrangés, barnum médiatico-people, opérations commerciales. Autrement dit, poudre aux yeux pour gogos ou pas loin. Sous-texte: nous ne mangeons pas de ce pain-là...
Ouais, ouais, ouais... tu parles, Charles...



Pour ma part, je suis persuadé - et les témoignages d'amis aficionados présents finissent de m'en convaincre - qu'il s'est passé là un évènement hors du commun qui échappe aux classifications habituelles et fait tomber un certain nombre de masques.
Il est encore plus évident maintenant, qu'il manque aux figuras actuelles, qui occupent les cartels de luxe des grandes ferias, la capacité à créer l'évènement sur leur propre talent; et en jouant la sécurité à tout coup ils sombrent dans la banalité.


N'ayant ni le charisme ni la dimension hors norme de Jose Tomas, il ne leur reste, pour se démarquer, qu'à affronter les ganaderias sérieuses et exigeantes.
Si Juli s'annonce devant des Escolar Gil ou des Cuadri l'arène sera pleine, la presse sera là et Casas aussi (d'ailleurs cela se passera sûrement à Nîmes). Finalement le temps n'est pas si lointain où Niño de la Capea, figure des années 90, prenait six Victorinos à Las Ventas.







Le triomphe de Jose Tomas montre la voie.

À qui le tour?




16 septembre 2012

Le revoili, le revoiloup

On a beau râler contre l'empressa Casas, les toros sur mesure et le public jet set, le "un contre six" de Jose Tomas qui aura lieu ce matin 16 septembre à Nîmes est un évènement majuscule.
Soyons un instant honnête: les toros qu'il affrontait, il y a quelques années, à Linares, Almeria,  Bayonne ou... Aguascalientes, étaient-ils vraiment si différents de ceux qu'il combattra ce matin à Nîmes? Et pourtant j'en connais qui sillonnèrent la péninsule pour ne pas en rater une... 
La jet set ne colle-t-elle pas à ces grands évènements taurins partout où ils ont lieu?
Quand à l'empressa Casas est-elle plus pourrie et complaisante avec le système que ne le fut l'empire Chopera en son temps?
Les seigneurs de l'arène - les Manolete, Cordobes, Ojeda ou Jose Tomas aujourd'hui - sont tous passés par ces chemins contestés. Pourtant ils laissent une marque indélébile qui n'appartient qu'à de très rares élus. 
Et soit dit en passant, il est à souhaiter pour l'image si malmenée de la corrida que le rendez-vous tienne ses promesses, car à ce jour, si j'en crois les échos, la si attendue feria nîmoise a plutôt tendance à faire "pchit".
Résultat des courses dans quelques heures...


2 septembre 2012

Une médaille dans la bouche.

6 novillos de Camino de Santiago (un chemin de croix!) pour Cayetano Ortiz, Juan Leal, Brandon Campos.

Second novillo bis: Juan Leal vient de tuer. Le novillo lutte désespérément et longtemps, agonisant. Pathétique mort qui devient bouleversante lorsque le toro, cul en l'air, repose sa tête sur le sable, ferme les yeux comme pour s'endormir. On devine sous ses paupières closes la grande paix qui s'étend. Il s'écroule, enfin. Un peon s'approche discrètement du cadavre, et, alors que déjà les mules viennent pour l'emporter, il caresse deux secondes la croupe du novillo, et repart, ni vu, ni connu.
Candidat au plus beau geste taurin de la saison bayonnaise. 

Troisième novillo: Brandon Campos est mexicain. Et il le prouve d'entrée en accueillant son novillo par un farol à vide (c'est-à-dire sans toro) avant d'enchaîner par une véronique traditionnelle. Trois fois de suite. Passe baroque et inattendue en Europe qui signe ses origines comme trois paraphes jaunes et roses dans le ciel basque. Le reste sera classique et artistique. À suivre de prés.

Cinquième novillo: Elle tiendra entre ses dents la médaille qui pend à son cou pendant près de vingt minutes. Le temps qu'il faudra à son fils pour venir à bout de son novillo. Assise, repliée sur elle-même, ne cillant pas, ne perdant pas une seconde son gosse des yeux, elle semble tenir sa vie entre les dents. Comme les chattes portent leurs petits. Pas de place pour l'émotion, pour les mots, pour un regard dérobé, tout se concentre en cet acte essentiel: tenir la vie entre ses dents.
Quand le novillo s'écroulera blessé à mort, elle crachera la médaille comme un noyau de cerise. Mission accomplie. Pas de soulagement, pas de joie. Le sentiment d'avoir tenu bon, une fois encore, d'avoir évité le pire.
Quand j'étais enfant, à la plage, ma mère, avait l'habitude de nous dire: "Allez vous baigner, je garde les affaires": les montres, les médailles... la vie. 
Heureux ceux qui ont quelqu'un pour "garder les affaires"!
Respect, Madame.

Pour le reste, six novillos sans âge annoncé, honteusement insipides, mal foutus, tordus, boitant. Scandale.
Les toreros ont fait ce qu'ils ont pu devant ces fantoches. On oublie vite ce simulacre de tauromachie et on se resitue dans son rêve brillant et mythique.
Une présidence qui changea le second mais se refusa à remplacer le premier, le troisième, le cinquième et le sixième.
La prochaine fois que vous verrez annoncé "Camino de Santiago", changez de direction.

La tentation du surf...

Elle était bien incongrue cette planche de surf offerte par l'organisation des arènes bayonnaises, les copains... Elle était bien potache cette idée d'habiller le public de la même couleur fushia que le costume du maestro local. Un adieu à l'image d'une carrière: à la bonne franquette. 
Et pourtant il y en a eu des tontons coriaces à s'envoyer au fil du chemin! Pas de tout repos la carrière du petit Julien, du sérieux, de l'ardu! Mais en même temps cette façon d'être torero comme d'autres sont footballeurs. C'est sûrement ce qui fait qu'aujourd'hui on est plutôt heureux de le voir se retirer en pleine vie et qu'on l'imagine bien sur sa planche de surf, le sourire aux lèvres et le béret, noir ou rouge, à portée de main.
C'est peut-être pour cette même raison que son trajet professionnel - honorable, certes - n'a pas atteint les sommets; faute d'y croire - de s'y croire - suffisamment et de quitter sans se retourner - qui m'aime me suive! - "lo padre, la madré, les douze chiquitinas, grand padre, grand madre, oun armée de cousinas, un oncle, sa femme venus de Saragosse avec leurs quatre gosses, et la Tantina de Burgos" comme le chantait Henri Génès.
Quoiqu'il en soit : "Respect" et bonheur.



Les Cebada Gago, bien présentés, eurent du moteur, de la mobilité, souvent de la bravoure et cette pointe de genio qui leur donna du piquant. Bémol: parfois une force mesurée. Sans aucun doute un des lots les plus intéressants qu'il m'a été donné de voir cette temporada. 
En face, cela fut incertain. 
Javier Castaño, trop corrigé ces derniers temps, vieillit à vue d'oeil. La technique est là mais l'allant non.
Julien Lescarret, sans le coup de rein permettant de s'imposer. La muleta accrochée, contrôlant mal les têtes désordonnées de ses opposants, il fut passable (regular). Et puis, quand il est dit que l'on s'arrête, il reste peu à prouver. Ils ont raison ceux qui se coupent la coleta à l'improviste.
Arturo Saldivar en voulait. Il en a eu. Une oreille.
Il passa largement à côté de son second.
Il y avait des toros et des oreilles à couper. Mais pas les hommes pour le faire.
Une fois de plus, il est bien difficile de réunir les deux en même temps.
Pourtant, il va bien falloir apprendre à les toréer ces toros de l'avenir - ni terrifiques, ni complaisants - avec du moteur, de la mobilité et du caractère. Toros qui peuvent marier dimension artistique et exigence torista (je ne parle pas d'intégrisme).
On s'en recause cet hiver. À ce propos, on s'est caillé à partir du cinquième. Rhume en perspective. L'été se tire.