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12 juillet 2011

Matinale

J'ai réussi à capter son attention. Il me regarde. Je le cite. Il s'élance de 20 mètres. Six cents kilos, à fond de train, s'engouffrent dans ma muleta. Malgré la violence de la charge, je parviens à baisser la main et la course se ralentit miraculeusement. Las Ventas n'en revient pas. Alors que je cite à nouveau, le fameux run-run gronde et s'amplifie. Le toro répond. Cette fois, je le guide encore plus lentement, plus loin. La troisième, c'est la plus difficile, toujours, celle qui confirme et qui prouve, celle qui autorise toutes les suite, la clé. Celle que tout le monde attend. Léger cite, le toro vient bien. J'avance la jambe. Je me l'enroule autour de la ceinture, tellement lentement, tellement près, tellement immobile qu'une stupeur s'élève du tendido. Le changement de main qui suit est un rêve chorégraphique, d'un coulé  inconnu, une telle fluidité qu'on ne sait plus rien ni de la droite ni de la gauche. Le pecho, maintenant. Le Miura est d'une noblesse idéale. Il suit l'horizon de la muleta au centimètre. Plus d'un demi-tour d'étreinte sur le fil de la rupture, un miracle d'éternité, avant la délivrance et la sortie comme un envol. Le public, debout, scande "tooooreeeero!". Mon regard chavire vers les gradins, je vois des larmes scintillantes comme des guirlandes, des bouches ouvertes comme des Puerta Grande, des regards comme des incendies, des bras comme des ponts. Je souris au ralenti. Je regarde la pendule. C'est l'heure. 
Un café rapido, une douche éclair.
Pour la série à gauche, sans laquelle aucune sortie en triomphe n'est envisageable, on verra ce soir.
Voilà une journée qui commence bien!

2 commentaires:

  1. posté à 9h58, moins matinal (ou couche tard) que le bison ;)

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